PMP, Scrum, PRINCE2 et ITIL répondent à des besoins différents. La première certification couvre le pilotage global d’un projet, Scrum privilégie les environnements agiles, PRINCE2 structure fortement la gouvernance et ITIL se concentre sur la gestion des services informatiques. Pour un chef de projet, un consultant ou un manager de la transformation, le choix pertinent dépend donc moins de la notoriété du certificat que du type de projets pilotés et des responsabilités visées.

Déployer un ERP, concevoir un produit digital, conduire un projet industriel ou améliorer la qualité d’un service IT ne demande ni les mêmes méthodes ni les mêmes modes de gouvernance. Les entreprises attendent pourtant de leurs chefs de projet une capacité commune : cadrer les objectifs, gérer les risques, coordonner les parties prenantes et maintenir la maîtrise des coûts et des délais.
Les certifications internationales apportent des référentiels permettant de structurer cette pratique. Elles donnent également aux professionnels un vocabulaire partagé pour travailler avec des équipes, des clients ou des partenaires habitués à ces standards.
Reste une difficulté : PMP, Scrum, PRINCE2 et ITIL ne sont pas interchangeables. Chacun répond à une logique particulière. Le professionnel qui prépare une certification doit donc commencer par identifier les situations dans lesquelles il souhaite l’utiliser.
PMP, PRINCE2, Scrum et ITIL ne répondent pas aux mêmes projets
Le PMP - Project Management Professional, délivré par le Project Management Institute, couvre l’ensemble du cycle de vie d’un projet. Le référentiel aborde notamment le périmètre, les coûts, les délais, la qualité, les risques, les approvisionnements, les ressources et la gestion des parties prenantes. Il correspond particulièrement aux professionnels amenés à piloter des projets structurés et de grande ampleur dans des secteurs comme l’industrie, la construction, la banque ou l’énergie.
PRINCE2 - Projects IN Controlled Environments repose sur une logique différente. La méthode met fortement l’accent sur la gouvernance, la justification continue du business case, la définition des responsabilités et le découpage du projet en étapes contrôlées. Elle convient donc aux environnements où la formalisation des décisions et la traçabilité de la gouvernance occupent une place importante.
Scrum, notamment à travers la certification Professional Scrum Master, répond davantage aux projets caractérisés par un degré élevé d’incertitude. Le travail est organisé en itérations courtes, les Sprints, avec des ajustements réguliers à partir des retours des utilisateurs. Cette méthode est particulièrement présente dans le développement logiciel, les produits digitaux et les projets d’innovation.
ITIL - Information Technology Infrastructure Library se situe sur un autre terrain. Le référentiel concerne principalement la gouvernance et la gestion des services informatiques. Il traite notamment de la qualité du service, de la gestion des incidents et de l’amélioration continue des processus IT en lien avec les besoins de l’entreprise.
Le choix dépend donc du poste occupé. Un responsable de grands projets industriels trouvera dans le PMP une couverture très large du pilotage. Un manager intervenant dans une organisation fortement structurée pourra privilégier PRINCE2. Un professionnel chargé de produits digitaux aura davantage intérêt à maîtriser Scrum, tandis qu’ITIL sera particulièrement pertinent pour les métiers liés aux services et à la gouvernance IT.
Les entreprises combinent de plus en plus plusieurs référentiels
Dans la pratique, un projet ne correspond pas toujours parfaitement à une seule méthodologie. Une entreprise peut avoir besoin d’un cadrage budgétaire et d’une gouvernance très structurés tout en organisant certaines phases de développement en mode agile.
C’est précisément ce qui explique l’intérêt du management hybride. PMP ou PRINCE2 peuvent apporter le cadre de gouvernance, les mécanismes de contrôle et la structuration des responsabilités, tandis que Scrum permet d’organiser des séquences de production plus itératives. ITIL peut ensuite intervenir lorsque le projet débouche sur un service informatique qui doit être exploité, maintenu et amélioré.
Prenons le cas d’un projet ERP. La Direction Générale peut exiger une gouvernance formalisée, un budget, des jalons précis et une gestion documentée des risques. Certaines briques fonctionnelles peuvent cependant être développées et testées avec des utilisateurs par cycles successifs. Une fois le système déployé, les processus de support, de gestion des incidents et d’amélioration du service deviennent à leur tour déterminants.
Le chef de projet n’a donc pas intérêt à opposer systématiquement les méthodes. Sa compétence réside davantage dans sa capacité à sélectionner le niveau de structure ou d’agilité adapté à chaque situation.
Cette polyvalence devient particulièrement importante pour les professionnels qui souhaitent évoluer vers des responsabilités de PMO, de direction de programme ou de transformation. À ce niveau, il ne s’agit plus seulement d’appliquer une méthode, mais d’organiser plusieurs projets ayant des contraintes, des équipes et des degrés d’incertitude différents.
Pour 2027, la question pertinente n’est donc pas nécessairement de déterminer quelle certification est supérieure aux autres. Elle consiste à identifier celle qui complète le mieux les compétences déjà acquises et les projets que le professionnel souhaite désormais piloter.
Le MBA Management de Projet et de la Transformation pour préparer PMP, Scrum, ITIL et PRINCE2
Le MBA Spécialisé Management de Projet et de la Transformation d’ESLSCA Business School Rabat, en double diplomation avec ESLSCA Business School Paris, intègre la préparation aux quatre référentiels PMP, Scrum, ITIL et PRINCE2.
Le programme ne limite pas la gestion de projet à la préparation de certifications. Il associe ces référentiels à des enseignements portant notamment sur le leadership, la finance de projet, Power BI, les ERP et le Design Thinking.
Cette articulation permet de replacer les méthodes dans le fonctionnement réel des organisations. Un chef de projet doit certes connaître les référentiels, mais également comprendre un budget, construire des indicateurs, gérer des conflits, accompagner les équipes et dialoguer avec des directions fonctionnelles.
Le cursus est proposé en format part-time et hybride afin de permettre aux professionnels de poursuivre leur activité pendant leur formation. La préparation des certifications s’insère ainsi dans un parcours plus large consacré au pilotage stratégique, financier et humain des projets.
PMP, Scrum, PRINCE2 et ITIL ne constituent donc pas quatre réponses concurrentes à une même question. Ils correspondent à quatre angles différents du management de projet et des services. Pour un professionnel, le choix le plus cohérent en 2027 dépendra de son environnement, de son niveau de responsabilité et de la nature des projets qu’il souhaite prendre en charge. La maîtrise de plusieurs référentiels peut ensuite devenir pertinente lorsque ses fonctions l’amènent à piloter des transformations plus complexes.








